La faiblesse de l'enseignement occidental


L’enseignement en Occident est assujetti à un paradigme anthropologique caractérisé sous le nom de « Modèle aryen » par le prof. Martin Bernal, de « Réductionnisme européen » par Aimé Césaire et enfin de « Modèle eurocentriste » par le prof. Cheikh Anta Diop.

Il s’agit d’une lecture biaisée et exclusivement eurocentrée de l’histoire universelle, qui marginalise les expériences intellectuelles africaines pour octroyer aux seules populations nordiques, toutes les découvertes capitales de l’histoire humaine (démocratie, religion, mathématiques, écriture, médecine, etc.) et cela, sans se soucier de la documentation archéologique qui contredit pourtant cette thèse.

Dans son Discours sur la Négritude, Aimé Césaire a fustigé ce « réductionnisme européen » en le spécifiant comme le « système de pensée ou plutôt de l’instinctive tendance d’une civilisation éminente et prestigieuse à abuser de son prestige même pour faire le vide autour d’elle en ramenant abusivement la notion « d’universel » (...) à ses propres dimensions, autrement dit, à penser l’universel à partir de ses seuls postulats et à travers ses catégories propres ».

L’analyse académique du professeur Philip S. Golup (in Conférence sur l’eurocentrisme et la modernité, Les séminaires du Monde Diplomatique, Bologne, 25 mai 2007), renforce le jugement de A. Césaire, car il admet que, « selon la perspective eurocentrique, l’histoire de l’Occident – conçu comme un ensemble culturel cohérent – représenterait un mouvement plurimillénaire ascendant vers le progrès et la raison (...) Par contre, l’histoire du Non-Occident est perçue comme statique et immobile, les “Autres” étant incapables de sortir de la pré-modernité et d’entrer dans la modernité (...) Tous les philosophes européens du XIXe siècle (Montesquieu, Hegel, Herder, Marx, John Stuart Mill, Weber) acceptent ainsi la distinction ontologique entre l’Occident et le reste du monde, entre le “Nous” et les “Autres”, une vision essentielle et fondamentale de la différence qui s’est cimentée à l’époque de la révolution industrielle européenne, de l’impérialisme et de la colonisation". 

Pour défendre le passé, le présent et l’avenir de l’Afrique noire, Cheikh Anta Diop (in Civilisation ou Barbarie), nous exhorte à faire preuve d’audace et de rigueur scientifique car dit-il, « les conditions d’un vrai dialogue n’existent pas encore dans le domaine si délicat des sciences humaines, entre l’Afrique et l’Europe car les intérêts matériels priment sur l’humanisme le plus minime ».

« En attendant », nous rappelle-t-il, « il s’agit d’être apte à découvrir une vérité scientifique par ses propres moyens en se passant de l’approbation d’autrui, de savoir conserver son autonomie intellectuelle jusqu’à ce que les idéologues qui se couvrent du manteau de la science, se rendent compte que l’ère de la supercherie, de l’escroquerie intellectuelle est définitivement révolue, qu’une page est tournée dans l’histoire des rapports entre les peuples ».

C’est donc pour remplir cette mission, que nous avons dédié le WEB CAMPUS MESENY AT SEBA à l’étude de nos Humanités Classiques Africaines, car comme le disaient nos ancêtres Africains de la vallée du Nil, « la première des Connaissances est la Connaissance de Soi-même » !